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Le voyage de l'éléphant

  • 8 sept. 2019
  • 2 min de lecture

De José Saramago, aux éditions Seuil, 2008


Un éléphant d’Asie et son cornac sont entrainés, malgré eux, dans un périple de plusieurs semaines à travers l’Europe du XVIème siècle. Grâce à son talent d’écriture, Saramago retrace les péripéties, réelles et imaginaires, de cet étrange attelage dans un texte compact mais extrêmement agréable à lire. Les portraits des différents personnages sont croqués avec beaucoup de malice et de bienveillance malgré leurs faiblesses et leurs petites mesquineries.


En 1151, le roi du Portugal offre à l’archiduc d’Autriche un éléphant d’Asie Salomon et son cornac Subhro. Ce présent, pour le moins excentrique va-t-il plaire à la fille et au gendre de Charles Quint. Quoi qu’il en soit, une curieuse caravane est mise en œuvre pour rejoindre la frontière espagnole et donner l’exotique cadeau aux rigides Autrichiens. De Lisbonne à Vienne, Salomon va se retrouver au cœur d’absurdes stratégies, querelles et intérêts.


Le texte de Saramago est pétri d’humour et d’ironie mais aussi de poésie. Car l’écriture de Saramago est extrêmement élégante et coule en douceur sur les pages de ce petit livre. Enfin, l’auteur trace aussi, sans amabilité, les travers des humains dans la complexité des rapports sociaux. En résumé, une belle découverte littéraire, dont un Nobel a récompensé le talent.


José de Sousa Saramago est un écrivain et journaliste portugais, né le 16 novembre 1922 à Azinhaga (Portugal) et mort le 18 juin 2010 à Lanzarote (îles Canaries, Espagne). Il est le seul Portugais décoré du grand-collier de l'ordre de Sant'Iago de l'Épée et reste à ce jour l'unique auteur lusophone à avoir reçu le prix Nobel de littérature.


Son livre L'Aveuglement figure sur la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps établie en 2002 par le Cercle Norvégien du Livre, et son livre Le Dieu manchot figure sur la Liste des 50 œuvres essentielles de la littérature portugaise établie en 2016 par le très prestigieux Diário de Notícias.


En 1998, il obtient le prix Nobel de littérature, « pour avoir, grâce à ses paraboles soutenues par l'imagination, la compassion et l'ironie, rendu sans cesse à nouveau tangible une réalité fuyante dans une œuvre aux profondeurs insoupçonnées et au service de la sagesse. ».

Il est également détenteur du prix Camões et est docteur honoris causa des universités de Bordeaux et Lille III.


Atteint de leucémie, il meurt le 18 juin 2010.


Première phrase « Pour incongru que cela puisse sembler à qui ne serait pas conscient de l’importance des alcôves, qu’elles soient sacralisées, laïques ou illégitimes, pour le bon fonctionnement des administrations publiques, le premier pas de l’extraordinaire voyage de l’éléphant vers l’Autriche que nous vous proposons de relater eut lieu dans les appartements royaux de la cour portugaise, plus ou moins à l’heure d’aller au lit. »

Extrait « Heureusement pour sa crédibilité publique, l’éléphant est autre chose. Grand, énorme, ventru, avec une voix à épouvanter les moins timorés et une trompe comme n’en a aucun autre animal de la création, l’éléphant n’aurait jamais pu être le fruit d’une imagination, aussi fertile fût-elle et éprise de risque. L’éléphant, simplement, soit existait, soit n’existait pas. »


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