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Mörk

  • jmgruissan
  • 29 avr. 2021
  • 2 min de lecture

De Ragnar Jonasson, aux éditions Points, 2015

Ce roman policier ressemble à la chronique d’une petite ville d’Islande, Siglufjördur (imprononçable). En effet, Ragnar Jonasson nous fait pénétrer dans l’esprit de chaque personnage, de sorte que l’on ne sait pas qui tient le rôle principal. Et si finalement, c’était cette drôle de communauté qui tenait lieu de premier rôle. Une écriture déstabilisante ressemblant à une horlogerie fine dont chaque petit rouage, si minuscule soit-il éclaire sur la révélation finale de l’assassin. Car c’est d’une enquête sur un meurtre dont on parle.


Herjolfur, inspecteur de police dans la ville de Siglufjördur, avance en pleine nuit vers une maison abandonnée à la périphérie de cette station balnéaire du nord de l’Islande. Un coup de feu plus tard, son corps s’effondre. Ari Thor, son adjoint est dépêché sur l’enquête, il sera aidé par un policier d’expérience, sur cette affaire qui défraye, immédiatement, la chronique. L’assassinat d’un flic dans ce pays est extrêmement rare. En creusant chaque piste, les policiers démêlent, tour à tour, les fils croisés d’intérêts économiques, familiaux, politiques et criminels.


Au-delà de la résolution de l’enquête, se dessine en filigrane un mal profond qui touche toutes nos sociétés, celui de violence faite aux femmes. Cette violence ordinaire qui éclate de façon intolérable dans toutes les couches sociales. Sans spoiler le roman de Jonasson, cette chronique d’une ville ordinaire fait donc émerger des problématiques sociétales qui font de ce livre un peu plus qu’un roman policier. Il ne me reste plus qu’à lire le premier tome.

Début du livre « Dérangeant.

Oui, c’était le mot. Il y avait quelque chose de dérangeant dans cette vieille maison délabrée. La pluie aveuglante ajoutait à l’austérité des murs couleur plomb. Ici, l’automne n’était pas une véritable saison, plutôt un état d’esprit. Il semblait s’être perdu en route, quelque part vers le nord, quand, fin septembre, début octobre, l’hiver avait promptement succédé à l’été. L’automne ne manquait pas vraiment à Herjolfur, du moins pas celui de Reykjavik. »


Extrait « Car, de toute évidence, les temps changeaient. L’endroit n’était plus aussi paisible qu’auparavant. Lorsque Ari Thor s’y était installé, Tomas l’avait prévenu : il ne se passait jamais rien à Siglufjördur. Avec le nouveau tunnel avaient débarqué plus de voitures, plus de visiteurs. Par certains côtés, c’était un progrès, mais cette nouvelle fréquentation n’apportait pas qu’un coup d’accélérateur à l’industrie touristique. »

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