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📙 [Chronique] Les confessions

  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

De Saint Augustin, aux éditions Garnier Flammarion, 397 - 401


🔥🔥🔥🔥

Troisième roman d’Alain Mabanckou que je lis et troisième plaisir renouvelé. Au départ, je pensais que c’était une autobiographie, car avec son style et la description des sentiments et des personnages très proche du vécu, l’illusion était forte. Mabanckou nous emporte rapidement dans son Congo natal, et même si l’on ne connait pas ce pays, tous ses mots, bien souvent cruels, nous délivrent des images vivantes de son peuple et de la ville de Pointe-Noire. Petit Piment y croise des personnages fous, forts, bienveillants mais aussi d’autres aux sombres sentiments. Même si la dernière partie, m’a moins enthousiasmé, il me reste l’envie d’en lire toujours plus de l’œuvre d’Alain Mabanckou.

 

Petit Piment de son vrai nom Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko est un enfant abandonné à l’orphelinat de Loango dans la périphérie de la ville de Pointe-Noire au Congo. Les conditions de vie sont sévères malgré des surveillants et enseignants régulièrement conciliants. Après la révolution socialiste du pays et la disparition de Papa Moupelo, le prêtre qui l’avait pris sous son aile, Petit Piment n’espère plus que s’évader malgré son jeune âge et vivre sa vie sur la Côte sauvage.

 

Avec son style semblable à une histoire racontée lors de veillées, Alain Mabanckou sait comme les conteurs africains faire passer des messages. C’est au fond, une histoire bien tragique que celle de Petit Piment qui n’a pas finalement eu de nom « normal ». Ce dénuement personnel est plus fort que la pauvreté environnante entrainant une vie ballotée par les contingences politiques de son pays. Mais cette vie a su tendre des liens forts avec certains personnages qui l’ont accompagné, avant de les emporter eux-aussi comme des feuilles par le vent. Une belle continuité entre Amadou Hampâté Bâ et Alain Mabanckou.




Début du livre « Vous êtes grand, Seigneur, et souverainement digne de louanges, grande est votre puissance et votre sagesse sans bornes. Cependant l’homme veut vous louer, lui, part médiocre de votre création, lui qui porte avec soi sa mortalité, lui qui porte avec soi le témoignage de son péché et celui de « votre résistances aux superbes ». »

 


Extrait « Ma désobéissance n’avait pas pour cause un choix meilleur, mais l’amour du jeu ; j’aimais dans les parties de jeux l’orgueil de la victoire, les contes qui, chatouillant mes oreilles, y éveillaient un plus ardent désir de fiction ; cette curiosité, passant dans mes yeux, y brillait de plus en plus et me jetait aux spectacles, jeux des grandes personnes. »

 

Extrait « Sans aucun doute il n’y a pas de science des mots plus intérieure à nous-mêmes que la conscience, qui nous défend de faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu’on nous fit. »

 

Extrait « C’est parmi de tels camarades qu’à cet âge encore sans vigueur, j’étudiais les traités d’éloquence, art où je désirais briller dans l’intention damnable et futile de goûter les joies de la vanité humaine. L’ordre accoutumé des études m’avait conduit au livre d’un certain Cicéron, dont presque tous les lettrés admirent la langue plus que le cœur. »

 

Extrait « Aujourd’hui vos spirituels me railleront avec sympathie et bienveillance s’ils lisent mes confessions ; mais c’est bien ainsi que j’étais alors. »

 

Extrait « Pour moi, j’avais pris en dégoût la vie que je menais dans le siècle ; elle me pesait, maintenant que je ne brûlais plus des passions de jadis, désir des honneurs et de l’argent, pour supporter un si lourd esclavage. Ces passions avaient perdu pour moi leur charme, au prix de votre douceur et de « la beauté de votre maison » que « j’ai aimée ». »

 

Extrait « Un homme vraiment homme devrait tenir pour peu de chose de ne jamais exciter  ni accroitre les inimités des hommes, s’il ne s’applique pas au surplus à les éteindre par de bonnes paroles. »

 

Extrait « Et j’ai dit à tous les êtres qui assaillent les portes de mes sens : « Entretenez-moi de mon Dieu, puisque vous ne l’êtes point, dites-moi quelque chose de lui. » Ils m’ont crié d’une voix éclatante : « C’est Lui qui nous a créés. » Pour les interroger je n’avais qu’à les contempler, et leur réponse, c’était leur beauté. »

 

Extrait « C’est ainsi que vous nous appelez à comprendre le Verbe, qui « Dieu auprès de vous qui êtes Dieu aussi », qui est prononcé éternellement et en qui tout est prononcé éternellement. »

 

Extrait « Le temps est la mesure du mouvement. »

 

Extrait « Moïse en rédigeant ces textes, a pensé, conçu toutes les vérités que nous avons pu y trouver et aussi toutes celles que nous n’avons pas, ou pas encore pu y trouver, mais qui peuvent y être trouvées." »



 






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