📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] Couleurs de l’incendie
De Pierre Lemaitre, aux éditions Livre de Poche, 2018
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C’est avec ce roman que je continue la trilogie des Enfants du désastre de Pierre Lemaitre. J’avais été très séduit par « Au revoir là-haut » se déroulant pendant la première guerre mondiale. Je retrouve donc avec beaucoup de plaisir l’écriture vive, agréable et intelligente de cet écrivain. Car, le récit nous porte vers la montée des fascismes avec une Europe qui n’a pas encore digéré les massacres et les rancœurs accumulées entre 1914 et 1918. Une période datant de près de 100 ans, pourtant, on retrouve dans le texte, des problématiques curieusement très actuelles. A lire.
Marcel Péricourt était un riche banquier. Le jour de son enterrement, en février 1927, toute la République est présente pour honorer sa mémoire. Mais ce jour-là, son petit-fils, Paul, dans un geste de folie, ajoute un épisode tragique à cette journée. Madeleine, l’héritière de l’empire va se retrouver confrontée à un entourage qui lui souhaite sa perte pour s’enrichir. Intelligente et persévérante, elle va tenter de sauver son fils, sa vie et assouvir sa soif de vengeance.
Avec les personnages de Madeleine et Paul, Pierre Lemaitre pose la problématique de la résilience, face à la trahison et au handicap. Comment se reconstruire après des chocs qui semblent insurmontables. Paul ouvre sa vie avec la passion et l’amour, Madeleine, elle, choisit de survivre avec pour moteur l’envie de détruire. Couleurs de l’incendie est un beau roman, complexe et riche, violent et passionnel, mais il ne pose aucune morale sur les actions de chaque personnage.
❓ D’autres ouvrages de Pierre Lemaitre à me conseiller ?

𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Si les obsèques de Marcel Péricourt furent perturbées et s’achevèrent même de façon franchement chaotique, du moins commencèrent-elles à l’heure. »

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « La politique d’abord, puis l’économie, l’industrie, on terminait toujours par les femmes. Le facteur commun à tous ces sujets était évidemment l’argent. La politique disait s’il serait possible d’en gagner, l’économie, combien on pourrait en gagner, l’industrie, de quelle manière on pourrait le faire, et les femmes, de quelle façon on pourrait le dépenser. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Le Parlement avait fait mine d’applaudir parce qu’on ne pouvait ignorer ni combattre ouvertement un groupe qui, de l’électricité à l’automobile, du téléphone à la chimie, de la métallurgie à la pharmacie, fédérait la fine fleur de l’industrie française. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Que les riches soient riches, c’était injuste, mais logique. Qu’un garçon comme Robert Ferrand, visiblement né dans le caniveau, se complaise à être entretenu par la grue d’un capitaliste, ça renvoyait tout le monde dos à dos, l’humanité n’était décidément pas une bien belle chose. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « - Absolument. Tout le monde pense que si on contrôle les riches, ils vont mettre leur argent ailleurs. « Et quand la France, je cite, sera un pays de pauvres, qu’est-ce qu’on fera ? »
- Vous commencez à m’emmerder avec vos citations !
- C’est vous qui l’avez écrit, monsieur le président. Pour votre campagne électorale de 1928. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « - Quoi ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Alors, on ne peut plus enterrer sa femme tranquillement ? »



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