📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] De mille et une autres manières
De Antoine Vétro, aux éditions TDO, 2026
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Antoine Vétro signe un magnifique texte avec une plume pleine d’émotions, de tendresse et d’amour. Il s’agit d’un roman à plusieurs voix, dont notre société rend parfois certaines inaudibles. Au début du moins, on lit un polar, mais, petit à petit, les lignes glissent, les mots dévoilent des souffrances et le texte prend une nouvelle dimension. Les problématiques de fond apparaissent, celles des enfants différents, celles de leurs parents qui se battent au quotidien pour que leurs enfants vivent leur meilleure vie.
L’auteur nous interroge ainsi, comment réagirions-nous face à un futur qui s’annoncent très difficile avec un enfant autiste, ou la disparition de la chair de sa chair. L’abattement, le déni, la fuite, le courage, la résilience, le fatalisme, la passivité, la résignation, la résistance… est-il même possible d’imaginer qu’elle serait notre attitude devant de tels drames ?
Régulièrement, à une date bien précise, des enfants de la côte méditerranéenne du Languedoc, sont kidnappés. Ils réapparaissent aussi mystérieusement une semaine plus tard sans aucunes blessures. Pourtant, ces enlèvements sont de violents traumatismes pour les parents que rien ne relient à part la date du drame. Sophie et Antonin, détectives d’une agence privée sont, en parallèle de la police, sur les traces de ces étranges kidnappeurs, qui n’ont jamais demandé de rançon. De leur côté, ce jeune couple connaît le bonheur d’avoir un enfant, Ambrogio, qui semble, dès les premiers mois, montrer des différences avec les autres gamins. Pourtant, Ambrogio nous démontre que vivre sur une autre planète que celle des êtres dits normaux, permet parfois de voir au-delà de la dite « normalité ».
Avec ce roman, Antoine Vétro écrit un texte engagé et sensible pour parler de situations complexes que vivent des parents et souvent les femmes qui se retrouvent seules avec un enfant différent. Un enfant dont on sait qu’il faudra toujours s’occuper et qui ne sera pas notre « bâton de vieillesse ». Pourtant, dans cet épais brouillard de problèmes quotidiens, il montre que parfois des moments suspendus d’éclaircies existent. Des moments qui démontrent que ces enfants possèdent aussi un génie, des fulgurances hors de notre entendement.
Vivant à Gruissan comme Antoine Vétro, je connais Sylvie et Alaric, le fameux passionné de drapeaux. Régulièrement, nous évoquons les histoires de drapeaux décrochés à la Mairie, des fuites, des angoisses pour le futur d’Alaric, de l’accompagnement des parents, des maisons de répit pour trouver un peu de tranquillité, mais aussi des bons moments et des actions de solidarité. Merci Antoine, pour ce roman plein de vie, de tendresse et d’espoir.
❓ Etes-vous sensibilisé aux troubles de l’autisme ?

𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Chaque matin, dans le bistrot en face de l’agence de détectives privés où nous travaillons, Sophie et moi prenons un café. »

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « … et écrire, jour après jour, les choses de la vie d’Ambrogio et de Sophie, les petites choses de la vie à savourer, jour après jour. Je ne voulais pas, comme tant d’autres parents, prendre quelque fois des photographies qui ne laissent du passé que le souvenir des bornes et des bifurcations et non de la route. »

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « - Pardonnez cette intrusion, cher monsieur, je suis maître de Grosourdy de Saint Pierre, notaire, le notaire de feu monsieur Fitoussi, le patron de l’agence dans laquelle vous et madame Cros travaillez, je dois vous rencontrer, je suis au bas de immeuble, grâce à votre ami le commissaire Rouanet j’ai pu franchir tous les barrages, je peux monter ? »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Sa planète est toute petite et il y sera à jamais tout seul. Mais c’est sa planète. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Dans ce monde hospitalier dans lequel je me trouve, ne sachant pas à cet instant si je suis un des acteurs ou un simple observateur, le père de cet enfant ou un visiteur se trouvant dans ce monde inhospitalier par inadvertance, par erreur, j’écoute la musique des mots, des silences, puis ce qu’ils semblent vouloir dire, vouloir me dire, au lieu de m’enfuir sans me retourner comme le font bon nombre de pères lorsqu’ils apprennent que leur enfant est autiste. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Moi, je savais à qui appartenait cette magnifique maison qui avait connu tant de jours heureux et un seul dramatique, le pire de tous les drames, le plus abominable des malheurs qui puisse frapper un père et une mère, su pudiquement exprimé par Victor Hugo dans son poème Demain dès l’aube. »



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