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📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] Des diables et des saints

  • 2 août
  • 3 min de lecture

De Jean-Baptiste Andrea, aux éditions Proche, 2021


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[Coup de cœur] J’ai découvert cet écrivain avec « Veiller sur elle » qui avait aussi été un coup de cœur. Donc encore un grand roman porté par une écriture qui vous entraine facilement. Pourtant, le fond du récit est dur, les vies de jeunes enfants brisées par la perte des parents, ou d’autres orphelins parce qu’ayant été abandonnés. Dans les années 60, pour certains orphelinats, les règles qui s’appliquent sont encore dures et rajoutent du malheur à des jeunes vies déjà maltraitées. Pourtant, Jean-Baptiste Andrea, avec sa façon d’écrire, sublime le récit grâce à la force de l’amour et de l’amitié.

 

On retrouve Joe, un vieil homme, qui joue du piano dans les gares. Sa vie a basculé il y a une cinquantaine d’années en arrière lorsque ses parents et sa sœur sont morts dans un tragique accident d’avion. Sans famille proche, il est envoyé dans un orphelinat religieux dans les Pyrénées, appelé « Les Confins ». L’abbé et une partie du personnel font régner une discipline sévère et parfois brutale. En révolte contre les humiliations  quotidiennes, il rejoint un groupe d’enfants, qui avec imagination, essaient de sortir de cet enfermement physique et psychologique.

 

Ce qui m’a touché dans ce magnifique roman, c’est le pouvoir de la résilience. Les enfants trouvent une force incroyable, une envie de vivre et d’espérer malgré les violences subies. Et ceci grâce l’amitié, l’espoir et la confiance en la beauté. Des liens extrêmement forts se tissent entre les êtres dans l’adversité, une puissance qui permettra à certains de dépasser, en tant qu’adulte, le traumatisme vécu enfant. Merci à Jean-Baptiste Andrea de nous démontrer le pouvoir et la beauté de la musique comme refuge pour faire face aux souffrances.

 

Enfin, cette histoire me rappelle mon fils qui aime jouer sur des pianos publics, dans les gares, les hôtels et une fois dans un supermarché.

 

❓ Vous êtes-vous déjà arrêter pour écouter un joueur de piano dans un lieu public, ou vous-même jouez-vous du piano ?



Les pianos dans les lieux publics (texte de Jean-Baptiste Andrea) Tout commença en Angleterre, en 2003. A Sheffield, plus précisément, et plus précisément encore dans Sharrow Vale Road. Un jour de juin – la date exacte est oubliée, mais j’aime imaginer que c’était juin -, un habitant laissa dans la rue un piano qu’il n’arrivait pas à faire passer dans l’escalier de son nouvel appartement. Il le couvrit d’une bâche. Et colla un message invitant tout passant qui le souhaitait à en jouer. Les pianos publics étaient nés. L’idée que l’on se fait d’un piano public en tout cas : un instrument offert dans un lieu de passage, qui appartient à tous sans appartenir à personne.

 


𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Vous me connaissez. Un petit effort, souvenez-vous. Le vieux qui joue sur ces pianos publics, dans tous les lieux de passage. »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Et comme vous le confirmeront tous les musiciens, il est plus difficile de monter sur scène pour une personne que pour mille. »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Ils échangèrent un regard. Ces quatre-là passaient leur vie à se regarder pour ne pas tomber, comme on se retourne pour s’assurer que papa n’a pas lâcher le vélo sans rien nous dire, après avoir enlevé les petites roues et juré qu’il nous tenait. »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Sans passé, sans avenir, sans avant et sans après, un orphelin est une mélodie à une note. Et une mélodie à une note, ça n’existe pas. »

 



 






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