📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] Et jamais ne reviens
- 28 mars
- 2 min de lecture
De Raphaël Monégier, aux éditions Buchet-Chastel, 2026
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En premier lieu, un grand merci aux éditions Buchet-Chastel et à Babelio pour m’avoir offert ce roman de Raphaël Monégier. Un premier roman qui en dit long sur les qualités déployées par l’auteur pour nous mener jusqu’à la dernière ligne, sans nous en rendre compte. Il nous propose un court roman, au style percutant avec un fond qui laisse à réfléchir.
En effet, vivant moi-même sur un territoire qui se considère comme une île, j’ai vite appréhender ce que l’auteur appelle le syndrome de l’insulaire, qui subissant des vagues successives de migrations crée un mécanisme de défense. Face aux nouveaux arrivants, les locaux se sentant dépossédés se fabriquent une identité fantasmée.
Nous sommes en Corse, de nos jours, trois étudiants en science politique à Paris, veulent découvrir la Corse hors des sentiers battus. Sur la radio passe la chanson « Voyage Voyage » de Desireless, a posteriori ce morceau semble avoir valeur de prémonition. Sur les routes sinueuses de l’île de beauté, les jeunes débattent vivement sur l’identité corse, l’autonomie, la nation corse,… avec beaucoup de recul intellectuel. Pourtant une certaine réalité, violente, va les rattraper lorsque leur voiture tombe en panne et qu’une camionnette s’arrête à leur niveau.
Grâce à une écriture efficace, des chapitres courts et un récit bien construit qui réserve quelques surprises, Raphaël Monégier signe un roman qui pose aussi des questionnements sur l’appartenance à un territoire. Les racines, l’histoire familiale, les liens d’un peuple peuvent-ils justifier la violence. Comme on s’en aperçoit régulièrement, la frontière entre résistants et terroristes est parfois seulement éclaircie à la fin du conflit.
En conclusion, un excellent moment de lecture pour ce roman qui lie de nombreuses thématiques dont des questionnements politiques, mais toutes les belles théories résistent-elles aux sentiments humains ?

𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Non mais attends, tu peux pas comparer Paoli à de Gaulle, c’est complètement anachronique ? »

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « La montagne était patiente. La montagne était éternelle. La montagne ne jugeait pas.
Elle se contentait d’être le théâtre où les hommes jouaient leurs drames immémoriaux. Chasseur et proie. Bourreau et victime. Les rôles changeaient avec les siècles, mais la pièce restait la même. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « - Morte il y a dix ans. Des Parisiens en 4 x 4. Ils roulaient trop vite sur la route de montagne. Ils l’ont percutée. Elle rentrait du San Petrone à pied, elle avait cueilli des immortelles. C’est presque poétique quand on y pense. Ils ne se sont pas arrêtés. »



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