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📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] Et si les œuvres changeaient d’auteur ?

  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

De Pierre Bayard, aux éditions de Minuit, 2010


🔥🔥🔥🔥

Troisième essai sur la littérature que je lis de Pierre Bayard. Et ce livre nous entraine vers des rivages étranges à l’intérieur de paradigmes audacieux, si on imaginait que des œuvres soit créées par des auteurs différents. Grâce au talent de Pierre Bayard, et surtout son analyse fine des œuvres, il fait la démonstration qu’il est régulièrement concevable, et même logique, que tel auteur soit effectivement le rédacteur d’un livre attribué à un autre. Certes iconoclastes, ces résultats se basent des analyses très fines.

 

Pour étayer sa démonstration, Pierre Bayard part sur l’exploration de 4 thèmes. En premier, il est très rare de connaître parfaitement les auteurs que nous lisons, nous savons que pour comprendre quelqu’un il faut bien le connaître, donc cette méconnaissance joue en faveur de l’échange d’auteur. En second lieu, pour certains textes, comme pour des découvertes, l’histoire s’est trompée, et est-ce si important ? En trois, attribuer un texte à un autre auteur peut aussi lui donner plus de force. Enfin, les changements d’auteurs sur d’autres disciplines peuvent aussi enrichir les œuvres.

 

A travers de nombreuses suggestions de modifications d’auteur, Pierre Bayard montre que l’œuvre peut prendre une nouvelle envergure. On pourrait dire une nouvelle force grâce à l’imaginaire porté par un auteur écrivain. Romain Gary s’est bien servi d’Emile Ajar pour sortir de cette ornière dans laquelle son nom l’avait fait glissé. Se donner un autre nom permet de balayer un grand nombre de préjugés qui s’impose parfois au lecteur. Pour ma part, j’aime découvrir de nouveaux auteurs sans rien lire sur eux.

 

❓ Que pensez-vous si Kafka avait écrit L’étranger ?



𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « L’ODYSSEE,

Par une écrivaine grecque

Avant de commencer à travailler, chaque matin, elle avait pris l’habitude de s’installer à la fenêtre pour contempler la mer. La mer et la ligne de l’horizon, là où le flot rejoint le ciel jusqu’à se confondre avec lui, et où le héros dont elle imaginait les aventures, poursuivi par la colère d’un dieu, avait erré dix années durant avant de rejoindre l’île familiale. »


 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Et il en va de même quand nous disons lire une pièce de « Shakespeare ». Ce dont nous prenons connaissance dans le même temps, c’est à la fois d’un texte et d’un ensemble de représentations que nous relions à l’auteur. Il suffit pour s’en convaincre de remarquer que nous ne lisons pas de la même manière une œuvre ou ne regardons pas de la même manière un tableau selon l’importance du créateur auquel ils sont attribués, alors même que ni l’auteur réel ni l’auteur intérieur n’ont changé. »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Dans le bref récit autobiographique qu’il a consacré à ce dédoublement, Vie et mort d’Emile Ajar, Romain Gary a expliqué comment, au-delà de son goût ancien pour les vies parallèles, il s’était senti contraint, pour pouvoir continuer sereinement à écrire, de se débarrasser de l’image réductrice que les lecteurs et critiques s’étaient au fil des années forgée de lui… »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Car c’est aussi rendre hommage à la richesse d’un artiste que de savoir percevoir toutes les potentialités dont il est porteur et qu’il aurait sans doute, dans un autre existence ou sous une identité différente, été en mesure de développer. »

 



 






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