📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] Indios
- 4 févr.
- 3 min de lecture
De B. Traven, aux éditions 10/18, 1971
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Il faut en premier lieu que je vous parle de B. Traven, car cet écrivain est un peu à part. Traven est le nom de plume d'un écrivain et scénariste anarchiste de langue allemande, de nationalité mexicaine à partir de 1951 et mort à Mexico en 1969. Mais son nom réel, sa nationalité ainsi que de nombreux détails biographiques demeurent encore ignorés ou sujets à interprétation. Il laisse de nombreuses œuvres très engagées mais aussi le Trésor de la Sierra Madre qui a été porté à l'écran par John Huston. C’est cet engagement fort pour les peuples indiens et son style narratif qui m’ont fait apprécier son œuvre. Dans Indios, il dénonce l’asservissement des Indiens par les descendants de Conquistadores.
Don Gabriel est nommé par le chef politique du district, secrétaire d’un village mexicain, c’est-à-dire chef politique du village. Après de multiples retournements de fortune Don Gabriel aspire à une vie plus tranquille pour gagner des pesos en volant de pauvres indiens, sous couvert de la loi. Le récit s’ouvre donc dans une région rurale du Mexique, où vivent des communautés d’indiens qui ne savent pas parler espagnols et ne connaissent pas leurs droits, déjà très minimisés. On y découvre leur quotidien précaire, leur rapport étroit à la terre et leur vulnérabilité face aux autorités locales, comme Don Gabriel, qui vont tenter régulièrement de leur spolier le moindre de leurs revenus.
Traven dresse ainsi un portrait très critique des structures de pouvoir au Mexique du début du siècle dernier. Il donne une voix aux Indiens, dont la dignité, le respect des traditions et la solidarité contrastent avec la corruption des élites qui dirigent le pays, du simple secrétaire de village au dictateur. On espère toujours que le bien triomphera du mal, mais malheureusement, les romans de Traven ne sont que des reflets d’une triste réalité.
❓ Appréciez-vous les romans avec partis pris politiques ?

𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Don Casimiro Azcona était le chef politique du district. Comme tout Jefe politico, don Casimiro se souciait en premier lieu de son propre intérêt. Il servait son pays non par amour de la patrie ou de ses habitants, mais pour en tirer profit aux dépens du peuple. »

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Comme dans tous les pays du monde, la prison était extrêmement importante. C’est par la construction d’une prison que commence généralement l’organisation d’un Etat civilisé. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « La grande injustice venant des Etats et de leurs régents n’est pas d’envoyer les citoyens, comme des esclaves, et contre leur gré se battre dans l’arène de la guerre, c’est de ne pas les amener à un stade de civilisation tels qu’ils refuseraient alors d’être manœuvrés comme un troupeau d’esclaves amorphes. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Il acheta deux bougies colorées à une marchande, dans une boutique de la plaza, les porta à l’église, les planta sur la petite table devant l’image de la Vierge, les alluma, s’assura qu’elles brûlaient bien, s’agenouilla, se signa, récita avec recueillement un certain nombre de « Ora pro nobis », refit signe de la croix, baisa l’ongle de son pouce, s’inclina trois fois devant l’image, se releva et quitta l’église, certain d’avoir accompli une action qui plairait à Dieu. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « La présence des soldats est toujours suspecte. Partout dans le monde. Chacun, homme civilisé ou Indien demi-civilisé, s’écarte instinctivement de la route des soldats. Et il fait très bien. On ne sait jamais ce qui peut arriver. »



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