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📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] L’illusion du mal

  • jmgruissan
  • 22 déc. 2024
  • 3 min de lecture

De Piergiorgio Pulixi, aux éditions Gallmeister, 2021


Roman policier


🔥🔥🔥🔥

Dans un premier roman, Piergiorgio Pulixi a réuni deux femmes flics que tout semble opposer, Mara Rais et Eva Croce. Elles ont pourtant en commun le fait d’être des enquêtrices très efficaces et d’être attachées à leur territoire de cœur ou d’adoption, la Sardaigne. Dans l’île des âmes, le premier opus, l’enquête fut éprouvante pour les deux femmes, mais cela a permis de nouer entre elles des liens indéfectibles. Ce fut aussi pour ma part la découverte d’une île moins connue que la Sicile, mais pourtant aussi mystérieuse et porteuse de traditions et de superstitions. Ce fut donc un plaisir de revenir en Sardaigne.

 

En Italie, comme dans d’autres pays, une partie de la population pense que la justice, la police ne font pas correctement leur travail, ou sont corrompues et pire laissent des criminels en liberté. Sous ce fond de populisme, un homme masqué fait parvenir une vidéo dans laquelle, il tient à sa merci un pédophile et demande aux Italiens de voter, la vie ou la mort du criminel. La vidéo, instantanément virale, scellera le destin de cet homme. Même, si au cœur de la police, les avis sont tranchés sur la culpabilité du prisonnier, Eva et Mara sont chargées de retrouver ce soi-disant justicier. Elles seront aidées par un célèbre criminologue, Vito Strega. Il faut retrouver ce manipulateur qui met à mal l’ensemble des institutions.

 

Pulixi nous fait comprendre que la quête de justice absolue est souvent teintée de subjectivité et de compromis, et que la ligne entre justicier et criminel peut parfois devenir floue. Le roman conclut que, malgré le besoin humain de trouver des réponses et d’appliquer une justice équitable, malheureusement ou heureusement, l’idéal d'un monde tranché entre bien et mal est précisément : une illusion. Cette conclusion nous pousse à réfléchir sur les notions de justice et d'éthique dans notre société, et à remettre en question certaines certitudes morales.

 

❓Qui me conseillez-vous comme auteur de roman policer italien ?



𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « La présidente de la cour d’appel n’arrivait pas à trouver le courage de poursuivre. Elle était restée enfermée plus de deux heures en salle de délibération avec la Cour et les jurés pour chercher une solution. Peine perdue. La loi n’offrait aucune autre issue. Quand elle retourna en salle d’audience, son visage semblait amaigri, vieilli. Il était clair que ce verdict lui laisserait des cicatrices indélébiles. »

 



𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « En proie à un dernier spasme violent, le pédophile s’affaissa au sol et expira. Le chant des oiseaux et le mistral formèrent la toile de fond d’un plan large où le corps était cadré en buste. La peau palissait déjà. Quelques secondes plus tard, les premiers insectes arrivèrent, pressés de festoyer. »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Et avec le côté émotionnel de son « spectacle », il paralyse le sens critique des gens, et plus généralement leur sens de la réalité. Le public n’a plus l’impression de participer à quelque chose de réel. C’est comme si les gens scellaient avec lui un pacte de suspension de l’incrédulité et devenaient parties prenantes de ce théâtre virtuel. Pour que l’effet fonctionne à plein, il a recours au masque le plus populaire de la commedia dell’arte…

-          Arlequin. L’esclave rebelle. »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Ils suivirent son conseil et se disposèrent de part et d’autre de sa fenêtre.

-          Pacchiu di to soru*, frémit Palamara.

* Insulte sicilienne générique évoquant l’appareil génital de la sœur du destinataire.  »

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