📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] La cavale du géomètre
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture
De Arto Paasilinna, aux éditions Folio, 1994
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Malgré un second degré très affirmé et un début de roman aux idées prometteuses, je pense que j’ai un point d’acceptation de l’absurde qu’Arto Paasilinna a dépassé allègrement dans ce roman. Les pages se tournaient assez facilement, mais à chaque chapitre je me demandais où l’auteur finlandais voulait en venir. Après deux romans précédemment lus, « Le lièvre de Vatanen » et « Petits suicides entre amis », celui-ci m’a laissé sur ma faim. Il n’en reste pas moins un livre agréable à lire, avec beaucoup d’humour.
On est au centre d’Helsinki, un homme de 70 ans sort de la banque et il a l’air un peu perdu. Il s’appelle Taavetti Rytkönen, il vient de retirer une forte somme en liquide. Seppo Sorjonen, chauffeur de taxi, remarquant l’attitude attentiste de Taavetti, lui propose de le conduire vers la destination de son choix. L’homme âgé lui répond « Tout droit », à partir de là commence un rocambolesque « roadtrip » loufoque à travers une partie de la Finlande. Une aventure qui va leur permettre de rencontrer un tas de personnages incroyables.
Arto Paasilinna pointe à travers ce roman la douloureuse épreuve de la perte de mémoire, celle qui petit à petit efface les souvenirs, les amis, la famille et finalement soi-même. Cette douleur que les proches subissent aussi en voyant l’être aimé s’échapper dans un univers fait uniquement de l’instant présent. Une chose que j’ai vécu avec ma mère, pour qui son fils était devenu à la fin un inconnu. C’est aussi un roman sur la bienveillance, ce chauffeur de taxi prend en charge le vieil homme et sa maladie pour l’accompagner une dernière fois vers ses amis et ce qu’il lui reste de souvenirs et de plaisirs. Un livre touchant finalement quand discerne la détresse derrière l’humour.
❓ Est-ce que vous avez quelques références en matière de livres absurdes ?

𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « La Finlande toute entière entrait dans l’été. Les eaux s’étaient libérées, les humains réveillés. Le soleil resplendissait et un vent froid soufflait à grande rafales. A Lestijärvi, une mère de famille faisait cuire des brioches. Du côté de Kokkola, un conducteur en état d’ivresse provoquait un accident mortel. La routine d’un début d’été. »

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « C’est ainsi que les choses se passent en général dans le monde : l’argent des riches est plus efficace que celui des pauvres, qui permet rarement de résoudre quoi que ce soit. Quand un pauvre essaye de régler quelque chose avec de l’argent, il le perd. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est pauvre. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « L’homme est ainsi fait qu’il ne peut s’empêcher de taper dans un ballon qui s’approche. C’est dans le sang. Et quand un ballon s’éloigne, il se met à lui courir après. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « L’Albanais utilisait des méthodes assez rudimentaires et relativement hétéroclites, car elles se fondaient sur trois courants théoriques différents. La base de ses connaissances en la matière était la science capitaliste du début du siècle, qui avait été rejetée après la guerre au profit d’une technique de topométrie inspirée de celle utilisée en Russie. Plus tard, il avait fallu renoncer également à ce modèle, car la rupture avec l’Union soviétique avait incité les Albanais à prendre exemple sur la Chine. »



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