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📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] La maison de Matriona

  • 20 juin
  • 2 min de lecture

De Alexandre Soljenitsyne, aux éditions Pocket, 1963


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Ce livre est composé de 3 nouvelles dont la principale est « La maison de Matriona ». J’ai connu Soljenitsyne avec « Une journée d’Ivan Denissovitch », un roman qui m’avait fortement marqué à l’époque… je vous parle d’un temps que les gens de 20 ans ne peuvent pas connaître. Soljenitsyne, un auteur majeur de la culture russe dont l’écriture fine et pertinente permet de d’imaginer la vie des Russes de l’après-guerre. Avec cette courte nouvelle, il décrit avec beaucoup d’humanité et de sincérité la vie à la campagne et les traditions d’un peuple loin parfois de la modernité et des idéologues.

 

Le narrateur, personnage principal, a passé quelques années dans un goulag. Il demande à devenir instituteur dans un village de campagne. L’usage veut qu’il trouve une chambre dans une des maisons et c’est Matriona qui va l’héberger malgré sa grande pauvreté. Le nouvel instituteur lui verse une indemnité qui l’aide à vivre dans sa maison délabrée. Mais malgré son extrême précarité cette femme est d’une générosité sans limite, et nombreux sont qui en profitent.

 

A travers les trois nouvelles, on se rend compte régulièrement de l’absurdité d’un système bureaucratisé à l’extrême. Pourtant certains essaient de contourner les contraintes et parfois d’en profiter. Dans tous les cas, il s’agit de sortir de cette misère généralisée du peuple. Même si Soljenitsyne ne fait pas de critique de la gestion soviétique, il la décrit avec tant de vérité ou de réalité que l’on se rend compte de la vie dure et injuste des russes. C’est aussi un bel hommage à ce peuple simple qui sait aussi faire preuve de valeurs telles que la solidarité, la dignité et la bonté.

 

Enfin, même si le style de Soljenitsyne peut paraitre simple, il faut le lire avec beaucoup d’attention car alors les messages transparaissent.

 

❓ Avez-vous un écrivain russe à conseiller ?



𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Au kilomètre cent quatre-vingt-quatre, plus d’un an et demi après, les trains ralentissaient, avançaient comme à tâtons. Les voyageurs collaient le nez à la vitre, envahissaient les soufflets : qu’est-ce qui se passe, on répare la voie ? On n’a pas respecté l’horaire ?.

Mais non. Passée la section, le train reprenait de la vitesse, les voyageurs regagnaient leur place.

Seuls les mécaniciens savaient, se rappelaient la raison de tout ça.

Et moi. »



𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Et lorsque bien plus tard je lui eus raconté que j’avais été longtemps en prison, elle ne fit qu’opiner de la tête en silence, comme si elle s’en était douté avant.

Et moi aussi je voyais la Matriona d’à présent, une pauvre vieille seule au monde, et ne touchais pas non plus à la plaie de son passé, et d’ailleurs je ne soupçonnais même pas qu’il pût y avoir quelque chose à y chercher. »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Et comment ne pas prendre en pitié le pauvre soldat qui va en première ligne ! Ce sont peut-être ses derniers jours de vie… »

 

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽  « Il n’y avait que l’indifférence qu’elle craignait plus que tout chez les jeunes. »

 



 






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