📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] Le discours
- jmgruissan
- 9 févr.
- 2 min de lecture
De Fabrice Caro, aux éditions Folio, 2018
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Ce qui ne manque pas à Fabrice Caro, c’est l’humour. Tout au long de ce roman qui se lit avec beaucoup de facilité, c’est le plaisir de suivre les pérégrinations intellectuelles et émotionnelles d’un homme un peu perdu entre sa famille, sa petite amie et ses amis. L’écriture légère de Fabrice Caro nous balade vers des situations de plus en plus incongrues et qui nous permettent de garder un sourire constant jusqu’à la dernière page. Un plaisir de lecture.
Adrien a une quarantaine d’années, et son amie Sonia vient de lui demander une pause, ce qui ne sent pas forcément bon pour le couple. Lors d’un repas de famille, son futur beau-frère, lui demande de faire un discours lors de son mariage avec sa sœur. Essayant d’imaginer tous les échappatoires possibles à cette prise de parole, Adrien est doublement stressé par l’absence de réponses de Sonia à ses SMS. Comment peut-il récupérer l’amour de sa vie ?
Dans le "Le Discours" Fabrice Caro a l’habileté de transformer une situation banale en un récit drôle et poignant, grâce à un ton très singulier. Je n’ai pas vu l’adaptation au cinéma de ce roman qui apparemment fut une réussite grâce à la performance des acteurs. Si vous aimez les romans légers avec beaucoup d’humour mais qui évoquent aussi les déceptions et les absurdités de la vie, c’est pour vous.
❓Encore un roman qui conseille de lire le Livre de l'intranquillité de Fernando Pessoa, qui l’a lu ?

𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. Il laisse tomber ces quelques mots, comme ça, sans plus d’ornements, sans même me regarder, appliqué à se servir un verre de vin rouge qu’il vide dans la foulée. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Tu aimais chez moi, ce romantisme échevelé, tu as fini par le détester, comme mon t-shirt, comme mon odeurs. Tu dois lire Le livre de l’intranquilité de Pessoa, tu dois lire L’homme sans qualités de Musil, tu dois lire Tendre est la nuit de Fitzgerald, tu dois lire Pleins de vie de Fante, attends tu peux faire moins de bruit en buvant ton café s’il te plait ? »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Au collège, je faisais partie de ceux dont personne ne veut dans son équipe, celui qui voit un à un ses camarades appelés se lever pour rejoindre un groupe, et qui finit par rester seul sur le bitume comme un déchet mal balayé.
Oh non, c’est vous qui le prenez aujourd’hui, nous on l’a déjà eu hier ! – Ouais mais nous on l’a eu deux fois de suite la fois d’avant !
On parlait de moi comme d’une MST, un truc qui s’attrape par mégarde et dont il faut à tout prix se débarrasser, et j’assistais en direct à mon portrait par mes camarades, la moindre de mes tares détaillée par le menu, et ils alignaient les arguments comme si je n’étais pas là à les écouter. »
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