📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] Les fleurs du crime de Monsieur Baudelaire - La femme sans tête
- 5 juil.
- 2 min de lecture
De Nadine Monfils, aux éditions Verso, 2025
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Ne connaissant pas les livres de Nadine Monfils, j’ai été en premier attiré par la couverture et le fait que Charles Baudelaire en soit le personnage principal. Je ne suis pas déçu, en premier lieu, par les différents niveaux de lecture que propose l’autrice : un polar bien construit, un style assez délirant et enfin des détails érudits sur la vie de ce poète. Avec une écriture percutante et un roman bien construit, on rentre facilement dans le Paris des années 1850 et dans l’horreur décalée des crimes les plus incroyables.
Paris, XIXème siècle, Charles Baudelaire vit une vie assez dissolue, entre soirées arrosées, écriture et passion pour Jeanne Duval sa maîtresse et non moins prostituée. C’est d’ailleurs au retour d’une nuit d’ivresse qu’il enjambe le cadavre décapité d’une femme. Des circonstances rocambolesques font que Baudelaire se retrouve à enquêter sur cet étrange homicide. Cette enquête va lui faire rencontrer de curieux personnages dans une ambiance sombre, fantastique et loufoque.
Nadine Monfils parsème son roman d’humour parfois grivois mais qui rend le texte très savoureux. Pourtant, elle ne néglige pas la réalité historique, bien au contraire, on en apprend beaucoup sur Baudelaire, sa vie, son œuvre. Le fait de rappeler régulièrement des vers du poète dans le récit de l’enquête rend le texte truculent et instructif. A suivre…
❓ Connaissez-vous d’autres romans de Nadine Monfils ?

𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Cette nuit-là, une ombre affublée d’un boa titubait dans les ruelles malfamées de Paris. Elle tanguait tel un bateau ivre se heurtant aux murs luisants, comme si les pierres des maisons suaient du trop-plein de malheur de leurs habitants. »

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « La neige avait cessé de tomber. Et Gaby le Boucher avait décidé que, faute de pouvoir mettre le poète dans son lit, il allait le protéger. En éliminant tous ceux qui lui voulaient du mal. Ainsi soit-il. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Laisse-moi me perdre dans l’ardent foyer de ta chevelure, pour y respirer l’odeur du tabac mêlé à l’opium et au sucre. Laisse-moi mordre tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs… »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Il déplorait la médiocrité de son époque, qui ne comprenait rien à l’art ni à la poésie. Sale temps ! Baudelaire, qui avait besoin de l’art pour vibrer, disait de la musique de Wagner qu’elle était un cri de l’âme montée à son paroxysme. »



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