📙 [𝓒𝓱𝓻𝓸𝓷𝓲𝓺𝓾𝒆] Pour mourir, le monde
De Yan Lespoux, aux éditions J'ai Lu, 2023
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[Coup de cœur] Vous voulez de l’aventure, vous en aurez avec ce roman que j’ai adoré. L’aventure avec un grand A pour trois personnages que rien ne prédestinait à se rencontrer dans ce XVIIème siècle des grandes traversés, des conquêtes de territoires et des comptoirs commerciaux entre Portugais, Espagnols, Anglais, Hollandais, … Sur les grands navires qui traversent les mers du monde, les marins, soldats et marchands souffrent dans l’espoir de richesses, d’aventures, d’honneur. Ils meurent aussi, très souvent, mais ils ont choisis la Terre entière pour mourir.
En début d’année 1627, un homme encore secoué par une violente tempête et le naufrage de son navire, est près de mourir d’épuisement sur la côte du Médoc.
Quelques années avant, Marie vit dans ce territoire des Landes qui semble abandonné des autorités, elle survit plutôt dans une communauté qui s’autorise le pillage d’épaves et des trafics. A des milliers de kilomètres, Diogo, dont la famille vient d’être tuée pendant la prise de Salvador de Bahia, rejoint la guérilla portugaise pour reprendre la ville. En Inde, à Goa, Fernando cherche à quitter l’armée portugaise pour vivre une autre vie et l’aventure.
Grâce à son fort pouvoir narratif, l’auteur nous entraine sur les grandes routes maritimes et des lieux mythiques. Pourtant, c’est à travers les yeux des « anonymes » que l’on découvre de l’intérieur les traversées d’océan meurtrières, les combats et les naufrages. Un point de vue qui permet de rappeler l’horreur de ces conquêtes coloniales. Les individus n’étant que des pions, certains comme les trois personnages principaux essaient d’échapper à ce déterminisme social de façon différente, mais on aboutit forcément à la violence. Un très beau roman.
❓ Un bon roman d’aventures à me conseiller ?

𝓓𝒆́𝓫𝓾𝓽 𝓭𝓾 𝓵𝓲𝓿𝓻𝒆 « Le courant l’aspire sous l’écume. Il s’agrippe comme il peut au ballot de coton auquel il s’est accroché après avoir sauté du navire échoué dont les flancs immenses geignaient sous les coups de la tempête. »

𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Le petit homme continuait à pérorer et de jurer lorsque les porteurs ne stabilisaient pas assez sa litière. Simao ouvrait la voie et, derrière le convoi, Fernando écoutait le fondeur de canons tout en espérant qu’un éléphant pris de panique fende la foule et vienne mettre fin à son soliloque en l’écrasant proprement. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Ignacio se posait une question plus simple : pourquoi ne coupait-on pas les mains et les têtes de morts adverses ? Les gens étaient des êtres compliqués. »
𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 « Mais c’est à cet instant-là, sur le pont d’un galion pourtant solide, incapable de raccrocher son regard à quoi que ce soit si ce ,’était parfois le mouton d’une lame écumante, qu’il envisagea pour la première fois l’éventualité de sa propre mort. »



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